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Dieux et Monstres·1/7·2
Photograph of Acropolis of Athens

The place

Acropolis of Athens

Le duel pour Athènes

La rivalité divine qui a donné son nom à Athènes

Mythological EraAcropolis of Athens

Deux dieux voulaient la même ville. Athéna, déesse de la sagesse, et Poséidon, dieu des mers, avaient tous les deux jeté leur dévolu sur la même colline rocheuse de Grèce — la future Acropole d’Athènes — et chacun avait dit la même chose : celle-là, c’est la mienne. Aucun des deux ne voulait céder. Alors Zeus, roi des dieux, a organisé ce qui est peut-être le concours aux enjeux les plus démesurés de toute la mythologie : chaque dieu offrirait un cadeau à la ville, et les habitants choisiraient le vainqueur. Le meilleur cadeau l’emportait — et avec lui, la protection éternelle de la cité.

Poséidon a joué en premier, et la discrétion n’était pas son genre. Il a soulevé son trident — une arme massive à trois pointes — et l’a planté dans la roche nue de l’Acropole. La pierre s’est fendue et de l’eau salée a jailli, une source reliée directement à l’océan. Son argument, c’était la puissance brute : choisissez-moi et vous dominerez les mers. Vos navires contrôleront toutes les routes commerciales. Votre flotte sera intouchable. C’était spectaculaire, fracassant, impossible à ignorer.

Puis Athéna s’est avancée. Pas de séisme, pas de mise en scène. Elle s’est agenouillée, a enfoncé ses mains dans la terre rocailleuse et a planté une seule graine. Un olivier a poussé là, sur place — des feuilles vert argenté qui captaient la lumière du soleil, des branches déjà lourdes de fruits. Moins impressionnant qu’un geyser d’eau salée, c’est vrai. Mais réfléchissez à ce qu’un seul olivier peut donner : de la nourriture, de l’huile pour cuisiner, du combustible pour s’éclairer la nuit, du bois pour construire. Un arbre, et vous pouviez nourrir une famille pendant des générations.

Le premier roi légendaire de la ville — Cécrops, décrit dans les mythes comme mi-homme, mi-serpent — a choisi l’olivier. La ville a pris le nom d’Athéna, et Athènes est née. Poséidon l’a très mal pris. Il a inondé les plaines alentour et frappé la région de sécheresse. Mais l’olivier a continué de pousser sur cette colline, bien après que sa colère se soit éteinte. Les Athéniens l’ont vénéré comme sacré pendant plus de mille ans.

Et c’est là que l’histoire devient sérieuse. En 480 avant notre ère, l’Empire perse — la force la plus redoutable du monde antique — a envahi la Grèce et rasé l’Acropole. L’olivier sacré d’Athéna a brûlé avec tout le reste. Tout ce que la ville avait de sacré, effacé en une seule nuit. Mais le lendemain matin, les Athéniens qui grimpaient dans les ruines fumantes ont trouvé une pousse verte qui perçait le tronc calciné. On dit que la raison du plus fort est toujours la meilleure. Cette nuit-là, c’est la raison du plus tenace qui l’a emporté.

Athènes s’est relevée. Les Grecs ont vaincu les Perses, et la ville est entrée dans son âge d’or — l’époque qui a donné au monde la démocratie, la philosophie et certaines des plus grandes œuvres d’art jamais créées. Ils ont reconstruit l’Acropole plus grande et plus belle qu’avant, et l’ont couronnée du Parthénon. Sur sa façade ouest, ils ont sculpté la scène de ce fameux concours : le moment où leur cité a choisi la sagesse plutôt que la force.

On peut encore voir les deux endroits aujourd’hui. L’Érechthéion, un temple bâti sur l’Acropole vers 420 avant notre ère, se dresse exactement sur les marques que le trident de Poséidon aurait laissées dans la roche. Et juste à côté, un olivier pousse au même endroit où Athéna avait planté le sien — replanté et entretenu depuis plus de deux mille ans. Athènes a choisi le cadeau discret plutôt que le spectaculaire, la patience plutôt que la puissance. Et franchement ? Ils ont eu raison.

Morale de l'histoire

La sagesse survit à la force brute. Athènes a choisi le cadeau discret plutôt que le spectaculaire, et ce choix en a fait l’une des plus grandes civilisations de l’histoire.

Personnages

A
Athena
P
Poseidon
K
King Cecrops
T
The Athenians

Source

Apollodorus’s Bibliotheca, Pausanias’s Description of Greece (Book 1), Herodotus’s Histories, Ovid’s Metamorphoses