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Prophètes et Pèlerins·5/5·4
Photograph of Olympie — Sanctuaire de Zeus et Berceau des Jeux olympiques

The place

Olympie — Sanctuaire de Zeus et Berceau des Jeux olympiques

La Statue de Zeus — Merveille du Monde

Le dieu d'or et d'ivoire qui faisait pleurer les pèlerins

435 BCE - 475 CEOlympie — Sanctuaire de Zeus et Berceau des Jeux olympiques

Vers 435 avant notre ère, la cité d'Élis convoqua le plus grand sculpteur du monde grec à Olympie. Phidias d'Athènes avait déjà fait ses preuves avec deux œuvres colossales : une Athéna en bronze sur l'Acropole et une autre en or et ivoire dans le Parthénon. Cette fois, le défi était plus grand encore : sculpter Zeus pour son temple à Olympie, le sanctuaire le plus sacré de Grèce. Ce qu'il créa deviendrait l'une des Sept Merveilles du monde antique.

La statue était faite d'or et d'ivoire sur une armature en bois. Zeus trônait, la peau d'ivoire poli semblant rayonner d'une lumière intérieure, ses vêtements et sandales d'or martelé captant chaque reflet dans la pénombre. Dans sa main droite, une petite Niké, déesse ailée de la Victoire. Dans sa main gauche, un sceptre surmonté d'un aigle — l'oiseau sacré de Zeus. Le trône était orné d'or, d'ébène, d'ivoire et de pierres précieuses.

La statue s'élevait à près de douze mètres. Strabon fit une observation célèbre : si Zeus s'était levé, il aurait crevé le plafond du temple. Ce n'était pas une critique des proportions, mais un aveu devant la présence écrasante que Phidias avait créée. Le dieu n'était pas représenté — il était là. Les visiteurs rapportaient avoir vraiment eu le sentiment de se trouver face au roi des dieux.

Les auteurs anciens rivalisaient pour décrire l'émotion qu'elle provoquait. Pausanias écrivit qu'elle ajoutait quelque chose à la majesté de Zeus lui-même. L'orateur Dion Chrysostome alla plus loin : devant elle, on oubliait chaque chagrin de sa vie, tant le sentiment de paix émanant de ce visage doré était puissant. Il ajouta que celui qui mourait sans l'avoir vue n'avait pas vraiment vécu.

Les gens pleuraient ouvertement en entrant dans le temple. Des soldats endurcis, des voyageurs aguerris — tous craquaient devant le regard serein du dieu. L'ivoire semblait tiède et vivant. Les drapés d'or paraissaient onduler dans une brise invisible. Les yeux, sertis de pierres, suivaient le visiteur avec une bienveillance omnisciente — puissance infinie et miséricorde infinie.

On dit que jamais deux sans trois, et pour Phidias, c'est le troisième chef-d'œuvre qui toucha les dieux. Après l'Athéna de bronze et celle d'or, son Zeus fut l'œuvre absolue. La tradition raconte qu'en l'achevant, il pria Zeus de lui envoyer un signe. À l'instant même, la foudre frappa le sol de marbre, laissant une marque noire montrée aux visiteurs pendant des siècles. Le dieu avait donné son accord.

La statue présida les Jeux olympiques pendant près de neuf siècles. Mais à la fin du IVe siècle, le christianisme se répandant dans l'Empire romain, son sort devint incertain. Elle fut transportée à Constantinople, la nouvelle capitale chrétienne. Là, un grand incendie la détruisit en 475. L'or fondit, l'ivoire brûla, le bois fut consumé. L'une des Sept Merveilles disparut à jamais, ne survivant que dans les mots de ceux qui avaient pleuré devant elle.

Morale de l'histoire

Le véritable art ne représente pas le divin — il le rend présent. Phidias n'a pas créé une statue, mais une rencontre avec le dieu lui-même.

Personnages

Z
Zeus
P
Phidias
N
Nike

Source

Pausanias's Description of Greece (Book 5), Strabo's Geography, Dio Chrysostom's Discourses, Philo of Byzantium's Seven Wonders